Trois signaux d’apaisement à connaître et à comprendre

On appelle « signaux d’apaisement » l’ensemble des postures, gestes, adoptés par nos chiens pour communiquer entre eux et envers nous les humains. La plupart de ces communications ont un but pacifique : éviter un conflit, se rassurer, lancer une partie de jeu… Je vous décrypte trois signaux qu’on peut observer très souvent : détournement de tête, hérissement de poil et battement de queue.


Le détournement de regard ou de corps


Regarder ailleurs, tourner la tête voire carrément tout le corps… Chez les humains, cela est perçu comme de l’indifférence. Chez les chiens, il s’agit davantage d’un signe de politesse pour demander plus d’espace et/ou rassurer sur ses intentions pacifiques (en opposition avec une approche frontale en fixant, tel le fera un prédateur prêt à bondir. Le chien prouve ainsi à son interlocuteur qu’il n’a aucune intention offensive.)

Cela n’indique pas nécessairement que le chien souhaite stopper l’interaction, juste un moyen de signaler qu’un contact a été trop brusque, trop de proximité et un petit besoin d’espace ou de pause. Même des chiens qui se connaissent bien peuvent user de ces signaux parfois très furtifs et qui peuvent résulter sur une nouvelle partie de jeu, ou sur une séparation amicale.

Il s’agit d’une communication simple et claire qui permet simplement au jeu/ à l’interaction de ne pas déraper. Les chiens utilisent fréquemment ce signal pour communiquer aussi avec d’autres espèces (principalement l’humain). Non, votre chien ne fuit pas votre regard lors d’une réprimande car il se « sent coupable » ; il essaie simplement de vous apaiser et de vous signifier qu’il n’est pas à l’aise face à votre énervement.

Fait étonnant, une étude de la BridgeWater State University de 2013 révèle que ce signal est principalement utilisé par les chiens d’apparence lupoïde (physique « plus proche du loup »), notamment la famille des bergers ; et rarement voir jamais utilisé par la famille des brachycéphales (nez écrasé) et des petites races de compagnie. Cela pourrait expliquer en partie les difficultés de nos chiens à dialoguer entre eux.


La crête, ou hérissement de poils


Face à une émotion (ou un coup de froid), nous humains avons « la chair de poule », nos poils se hérissent. Tous les animaux à poils sont sujets à ce phénomène instinctif et involontaire de « piloérection ».
Chez les chiens, on appelle communément cela « la crête », qui forme une ligne, de la crinière à la croupe, généralement visible lorsque le chien fait face à une situation le rendant nerveux. On peut aussi parfois observer ce hérissement de poils lorsque le chien à froid !

Souvent associée, dans l’imaginaire collectif, à l’émotion négative d’un chien « prêt à attaquer », la crête, provoquée par une montée d’adrénaline, reste pourtant dans une majorité des cas un signal d’apaisement, et non d’agressivité ! Pour éviter le conflit lors d’une situation qui de stress, le poil du chien se hérisse afin de paraître pus imposant, dans le but d’intimider son « adversaire » afin qu’il s’éloigne et lui donne plus d’espace. Ce gonflement de poil peu aussi apparaître lorsqu’un chien est trop excité par le jeu et ne gère plus ses émotions.
Le congénère intimidé devient alors hésitant, ce qui peux permettre à notre chien ayant hérissé son poil de s’approcher doucement pour prendre ses odeurs et saluer plus calmement. C’est une technique ingénieuse souvent utilisée par les chiens peureux, mais qui crée des rencontres plus tendues et peuvent entraîner une mauvaise réaction des autres chiens.

Plus simplement, on peut dire que le chien sort sa crête quand il est dépassé par ses émotions. Peur ? Excitation du jeu ? Agressivité ? Seul le contexte et les signaux annexes pourront nous le dire ! Queue enroulée sur le ventre, tremblements… ? Dents apparentes, grognements, fixation ? Oreilles dressées, fesses remuantes ?…

Lorsque la situation se calme et que le chien s’est apaisé via d’autres signaux (détournement par exemple) on observe souvent que le chien va se secouer pour faire disparaître progressivement sa crête.


Le remuement de queue


Il est un symbole emblématique de la joie de nos compagnons. Du moins, c’est ce que les films, séries et publicités nous ont fait croire !

C’est un signal très facile à voir et reconnaître lors d’une interaction positive avec ou entre chiens. Il s’agit d’un mouvement réflexe, incontrôlable, qui répond à une chose agréable : face à une friandise, au retour de son.sa gardien.ne, à l’approche d’un copain chien… Généralement, associé à une attitude générale de toutou heureux, les bonnes intentions du chien ne font aucun doute. Pourtant, la queue d’un chien peut aussi remuer dans les secondes qui précèdent une agression !

La queue remuante peut donc être liée à une émotion négative. Et c’est là que vous devez prêter attention à l’attitude générale du chien : tendu, regard fixe, grognement, halètements secs… Tout semble indiquer que ce loulou est en état de stress pouvant le conduire à une agression. Sa queue remuante n’est alors qu’une conséquence involontaire de son stress, qui stimule ses terminaisons nerveuses. Laissez-lui de l’espace, ou sortez-le de cette situation qui l’inquiète tant.

Difficile à observer en temps réel, mais une étude de 2013 à démontré que le côté du battement avait son importance : une queue remuant vers la droite serait signe d’émotions positive ; vers la gauche d’émotions négatives. Les chiens seraient sensibles au sens et apte à le détecter chez leurs congénères.

Les remuements de queue ne sont donc pas « vraiment » des signaux d’apaisement, car comme nous l’avons vu, ils sont involontaires. Le chien ne les utilise pas pour « apaiser » leur interlocuteur. Cependant, les interlocuteurs, à savoir nous les humains ou les autres chiens, savons généralement interpréter ce mouvement (surtout dans le cadre d’une émotion positive). Nous prêtons alors au chien de bonnes attentions, une attitude rassurante, heureuse voir joueuse.
La coupe de la queue, pratique barbare et pourtant encore tolérée en France, peut donc entraver la communication du chien qui ne pourra pas être « lu » et appréhendé de la même manière que ses congénères à queue.

Pris seul, ce signal peut donc être difficile à interpréter pour nous bipèdes. Cependant, il faut s’enlever de la tête qu’une queue frémissante est indissociable d’un chien heureux, et observer l’attitude générale de l’animal face à son environnement pour appréhender son état émotionnel de manière juste.

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