J’ai fait une formation en premiers secours canins

chien allongé dans la rue

Le mois dernier, j’ai participé à une formation d’une journée « Premiers Secours Canins » à Nantes, proposée par la Protection Civile. Voici quelques informations importantes que j’ai appris et mon avis sur cette formation.



La Fédération Nationale de la Protection Civile est une association agrée de sécurité civile française qui à notamment pour mission le secours aux populations et la formation. Dans ce cadre, elle forme des équipes cynotechniques de chiens de recherche et il a vite été nécessaire de former ces équipes au secourisme canin.  Par la suite et pour répondre à une demande croissante des particuliers, cette formation a été commercialisée au grand public.

Son but est d’apprendre les bons réflexes à avoir pour faire face aux incidents les plus fréquents chez les animaux : malaises, brûlures, étouffement, empoisonnement, blessure… Et pouvoir intervenir sur notre propre animal en cas de besoin grâce à des exercices pratiques sur mannequins. Cette formation est ouverte à tous à partir de 12 ans et dure une journée.



Connaître et savoir observer son chien pour détecter une anomalie

Le plus important, et le formateur a insisté sur ce point, est de bien connaître son chien et de l’observer quotidiennement car tout changement de comportement ou physique peut indiquer un souci de santé. Voici les conseils :

  1. Relever les normes de notre chien au repos :

    • Fréquence cardiaque (relever à l’intérieur de la cuisse au niveau de l’artère). La norme pour un chiot : 120-180, pour un grand chien : 60-80, pour un petit chien : 100-120 / battements par minute

    • Fréquence respiratoire (poser sa main sur la cage thoracique ou juste observer). La norme pour un petit chien : 20-22, pour un grand chien : 14-18 / mouvements par minute

    • Température rectale qui doit être comprise entre 37,5° et 39°

2. Observer le comportement de référence de son chien, tout changement dans ses habitudes doit vous alerter :

  • Gourmand ou gourmet ?Aboyeur ou silencieux ?

  • Gros dormeur ou très actif ?

3. Inspection et palpation générale fréquente pour détecter une anomalie, une zone douloureuse, une plaie, un gonflement, la présence de parasites (tiques, puces…)

  • Démarche (détection d’une irrégularité, d’une boiterie)

  • Truffe, dents, yeux, oreilles, coussinets, muqueuses (muqueuses – Rouge : inflammation ou hyperthermie, blanches : état de choc ou hémorragie, bleues : manque d’oxygène, jaune : maladie ou infection, rose : normales)

  • Déjections : odeur, couleur ou forme anormale

  • Bruits digestifs ou respiratoires

Pensez aussi, dès son plus jeune âge, à habituer votre chien à toutes les manipulations utiles de manière douce et positive : être touché partout, prendre la température, regarder en détail les yeux/ dents/ oreilles/ pattes, toucher les griffes et entre les doigts…



Que faire en cas de blessure ?

Vous pouvez intervenir sur votre chien en cas d’accident, cependant vous ne devez pas intervenir sur un chien qui ne vous appartiens pas sauf urgence (mettre en sécurité et alerter la mairie) ou accord du propriétaire.

Un chien douloureux peut se montrer agressif il faut donc d’abord se mettre en sécurité : l’approcher doucement sans gestes brusques, essayer de l’appeler, poser une muselière avant toute manipulation. Ensuite, vous allez apprécier l’état général du chien : conscience, fréquence cardiaque, respiratoire, observation des muqueuses, température. Comprimer et bander la plaie si saignement. Porter le chien à deux mains par le ventre et l’emmener chez le vétérinaire. En cas de doute, contacter le vétérinaire immédiatement pour connaître la marche à suivre.



Cas particulier : l’étouffement

Votre chien semble avoir du mal à respirer, à la gueule grande ouverte et le cou tendu ? Il est probablement en train de s’étouffer.

Commencez par vérifier (avec prudence), la gueule et les narines de votre chien à la recherche d’un corps étranger (jouet, bâton, mastication). Si c’est le cas, retirez-le doucement et rassurez votre chien.

Si vous ne voyez rien et que l’obstruction est partielle (votre chien arrive à respirer mais difficilement) : emmenez-le directement chez le vétérinaire. Si l’obstruction est totale (chien qui ne respire plus du tout), la priorité est de dégager ses voies respiratoires :

  • Se placer à l’arrière du chien, le saisir par les pattes arrières/l’aine et le soulever en l’air tête en bas (tête à hauteur de vos hanches), en effectuant des secousses vers le haut.
  • Si votre chien est trop grand/lourd, se placer à deux : une personne soulève l’arrière du chien et l’autre place ses doigts à la base du sternum afin d’exercer une forte pression de l’arrière vers l’avant
  • Pour les chiens très petits ou les chiots : prendre à une main sur le dos et basculer fermement vers le bas en maintenant bien la tête dans l’axe

Ses manœuvres sont à effectuer 5 fois puis faire une pause et recommencer jusqu’au dégagement des voies respiratoires ou la perte de connaissance de l’animal (dans ce cas, emmener en urgence chez le vétérinaire).


Cas particulier : le coup de chaleur 

Les chiens régulent leur température en haletant et en transpirant par les coussinets. En cas de forte chaleur, il est essentiel de laisser de l’eau fraîche à disposition de nos chiens, de laisser accès à une zone ombragée et d’éviter les efforts intenses. De plus, il faut être très vigilants en voiture car la température monte très vite et 20 minutes en plein soleil dans une voiture est un piège mortel, même avec les fenêtres ouvertes !

chien dans une voiture

Le coup de chaleur, c’est un chien qui n’arrive plus à réguler sa température et qui va donc faire de l’hyperthermie (plus de 40°), se mettre à respirer très vite, les muqueuses vont devenir rouges puis bleues à cause du manque d’oxygène, il va se mettre à trembler voir à convulser, et peut finir par tomber dans le coma. C’est une urgence vitale.

La priorité dans ce cas est de rafraîchir votre chien, avant même d’envisager aller chez le vétérinaire : placez-le au frais, à l’ombre. Refroidissez-le en douceur : mouiller le cou et le reste du corps avec de l’eau fraîche (mais pas glacée) jusqu’à ce que la température revienne à la normale. Proposez-lui de l’eau. Puis enfin, appelez le vétérinaire.

Si vous trouvez un chien enfermé dans une voiture en plein soleil : cherchez le propriétaire à proximité, et contactez la gendarmerie s’il n’y a personne. En cas d’urgence (animal inconscient, agitation anormale, halètement frénétique), vous avez le droit de briser la vitre mais entourez vous de témoins qui attesterons de l’urgence, puis sortez l’animal et rafraîchissez le.


Mon avis sur cette formation

Constituée d’une partie théorique et de nombreux exercices pratiques (sur mannequins), cette formation est très complète et aborde tous les soucis de santé que peuvent rencontrer nos chiens (blessure, arrêt respiratoire ou cardiaque, hémorragie, empoisonnement, maladies infectieuses et parasitaire, convulsions…) afin de nous apprendre à détecter et réagir en cas d’urgence.

Elle ne fera pas de vous des vétérinaires mais elle peut vous permettre de gagner du temps précieux et de ne pas céder (trop) à la panique en appliquant méthodiquement une marche à suivre, sans se retrouver démuni face à une situation d’urgence. Je pense que tous les propriétaires de chiens auraient un intérêt à suivre cette formation (d’ailleurs, une majorité des conseils donnés s’appliquent également aux félins) !

Toutes les informations sur cette formation

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