L’adolescence du chien est une phase redoutée par la plupart des propriétaires de chiens. Elle se caractérise très souvent par une énergie débordante, une faible capacité de concentration, des besoins sociaux parfois en hausse et un comportement tumultueux. Vos armes pour survivre à cette période parfois difficile : patience et persévérance.
A quoi correspond l’adolescence du chien ?
Située entre 6 et 18 mois (selon les races, plus le chien est grand plus sa croissance physique et psychologique sera tardive, jusqu’à 2 ans pour les races géantes), l’adolescence est une phase de la vie du chien qui se caractérise par des changements psychologiques, physiques et hormonaux, notamment la puberté.
Passage obligé de l’enfance à l’âge adulte, tous les individus ne la vivent pas forcément de la même façon. Les changements que l’on peut constater chez son chien à cette période sont la conséquence d’une production importante d’hormones, l’animal devient alors plus autonome, prends plus d’initiatives, teste les limites… C’est aussi à ce moment là qu’il forge sa propre personnalité, il se détache de ses modèles référents (ses humains bien souvent) en « oubliant » une partie des comportements qu’il avait appris, et en teste de nouveaux. Souvent, le chiot va moins répondre à vos demandes, voir carrément les ignorer délibérément.
Chaque chien va vivre son adolescence différemment, et si chez certains cela sera une formalité sans trop de désagréments, d’autres peuvent soudainement se montrer très énergiques, distraits, aboyeurs, destructeurs, malpropres, fugueurs… La fameuse et redoutée « crise d’ado ». C’est généralement aussi vers l’adolescence que peuvent apparaitre les problématiques liées à la réactivité (chiens, humains…), même si on en voit souvent des signes précurseurs !
Comment gérer la crise ?

Un chien adolescent qui semble avoir oublié tout ce qu’on lui a appris est normal, il ne faut pas s’en inquiéter, et généralement tout finira par rentrer dans l’ordre au bout de quelques semaines ou quelques mois, avec beaucoup de patience et de répétition. Vous énerver, gronder, punir ne sert à rien ! Même si c’est parfois (souvent) décourageant, ne perdez pas espoir et mettez tout en place pour que cela se passe au mieux. N’oubliez pas que l’adolescence n’est qu’une phase biologique, et qu’elle va disparaître progressivement pour laisser place à un chien adulte et mature.
C’est un âge ou votre chien va avoir de plus en plus d’énergie, donc c’est le bon moment pour lui proposer davantage d’activités ! Des balades plus longues (tout en respectant son rythme et sa croissance) avec beaucoup d’odeurs à renifler, la découverte de nouveaux endroits, de nombreuses activités calmes à la maison (jeu de renfilage, de léchage et mastications à gogo) et pourquoi pas de s’initier à un sport canin !
Concernant l’éducation, si votre chien fait la sourde oreille, concentrez vous sur les basiques même si vous lui aviez déjà appris : rappel, marche en laisse, calme… Répétez souvent, récompensez beaucoup et demandez peu : par exemple, travaillez les exercices deux fois par jour pendant 5 minutes maximum ! Mettez de côté les apprentissages superflus si votre compagnon n’y trouve plus d’intérêt, avoir un chien calme est bien plus important que de connaître « donne la patte » et « fait le beau » ! A mon sens, les « ordres » les plus utiles : assis, panier, rappel. Et ensuite : coucher, pas bouger.
La sociabilité du chien adolescent
Dans ses relations avec les autres chiens, les adolescents vont souvent se montrer socialement maladroits. Leurs pairs vont moins tolérer leurs erreurs de communication car ce ne sont plus des bébés, ils vont donc plus souvent se faire réprimander leur énergie débordante et leur manque de politesse. Leur taux d’hormones très élevés peut engendrer des conflits et notamment de la protection de ressources. Ils tolèrent moins la frustration et sont souvent de piètres compagnons de balade pour des chiens adultes. Pour autant, il est essentiel de poursuivre la socialisation en privilégiant la qualité à la quantité : de longues balades avec des chiens adultes et des temps calmes lui seront beaucoup plus bénéfiques que des sessions de jeux effrénés avec d’autres ados comme lui.
Cependant, si votre chien montre des comportements plus problématiques tels que des phobies ou de l’agressivité qui ne semblent pas se calmer avec le temps, je vous conseille de faire appel à un.e éducateur.trice comportementaliste afin de travailler cela rapidement.
Et la stérilisation dans tout ça ? Est-ce une solution ?
Au sujet de la stérilisation, voici mes conseils basés uniquement sur mes expériences : Ne pas stériliser trop tôt. Les études démontrent que les hormones sexuelles aident la croissance et soutiennent le physique du chien adolescent.
Pour leur confort, je recommande la stérilisation des chiennes après leurs premières chaleurs. Cela vous évitera des potentielles grossesses nerveuses, et des phases de chaleurs sont parfois pénibles (fatigue, irritabilité, stress).
Pour les mâles, tout va dépendre de leur comportement. Quoi qu’il en soit, je déconseille la castration avant 1 an, voire 1 an et demi. Ensuite, si votre chien ne présente pas de comportements gênants tels que : fugue, chevauchements excessifs ou agressivité, il n’y a selon moi aucune raison d’envisager la castration, et il devrait retrouver naturellement le calme une fois l’adolescence et le pic d’hormones passé.
Bon à savoir : la stérilisation peut ne « rien changer » au comportement de votre chien si les actions dérangeantes qu’il a ne sont pas liées à la montée d’hormones sexuelles. Au contraire, la chute brutale du taux de testostérone peut parfois rendre les chiens mâles plus craintifs et réactifs par peur (ça sera moins le cas chez les femelles)
Enfin, sachez qu’il existe une solution non définitive pour tester les effets de la stérilisation chez le chien mâle : la castration chimique. Elle vous permettra de voir si le comportement de votre chien s’améliore ou non. Pour toutes ces questions, seul votre vétérinaire pourra vous conseiller au mieux alors n’hésitez pas à lui en parler !

Un avis sur « La crise d’adolescence du chien, une réalité ? Comment la gérer ? »