Ces choses qu’on fait tou.te.s avec nos chiens… Mais qu’on devrait proscrire

Au quotidien avec notre chien, on essaye toujours de faire au mieux. Mais comme personne n’est parfait, il nous est tous déjà arrivé de commettre des erreurs. Comme ce jour où vous étiez épuisés et que toutou vous a accueilli avec votre chaussure déchiquetée dans la gueule. Ou celui-ci où vous avez eu la peur de votre vie quand il s’est enfui sur la route ? Ou encore cette fois où vous étiez distrait lors de la balade en laisse…
Dans cet article, on débrief ces choses qu’on fait tous (ou qu’on a tous déjà fait), alors qu’on ne devrait pas !


Les rencontre en laisse – “Non mais ça va il est gentil”

Faire rencontrer à son chien des congénères, c’est vraiment top. Interagir avec son espèce fait partie des besoins primaires de votre animal. Par contre, quand ces rencontres se passent en laisse : aïe !

Observez deux chiens se rencontrer en liberté : ils vont s’observer de loin, s’approcher doucement, se contourner pour d’abord se renifler l’arrière train. Et bien ça, c’est leur façon de faire connaissance et de se saluer !

Lors de vos balades, quand vous croisez un chien inconnu (en laisse), en frontal, retenu par une laisse, un harnais, un collier (donc non libre de ses mouvements), sans possibilité de s’éloigner et d’interagir librement, vous créez une situation oppressante et stressante pour les animaux, une situation qui aura de grande chance d’être mal vécue par vos chiens.
Donc la règle d’or c’est : des contacts en longe (détendue) ou en libre uniquement et pas de contacts en laisse (exception chez les chiens qui se connaissent très bien, laisse toujours détendue).

De même si vous promenez votre chien en liberté, ne le laissez pas aller à la rencontre de chiens qui se promènent en laisse. Et inversement, si un chien en liberté vous fonce dessus et que votre chien est en laisse, la meilleure solution sera souvent de lâcher la laisse de votre chien pour le laisser gérer librement.


Le gronder à retardement – “ Qu’est-ce que tu as fait ?”

Je m’adresse ici plus particulièrement aux gardien.ne.s de chiots, qui vont devoir faire preuve de beaucoup de patience (et de courage) pour apprendre la solitude et la propreté. Beaucoup d’entre vous le savent déjà, mais punir après coup, ça ne sert à rien. Même si toutou à déchiqueté des objets de grande valeur alors que vous ne vous étiez absenté qu’une demie heure. Même s’il a fait pipi sur votre canapé pour la quatrième fois cette semaine.

Les chiens n’ont pas la capacité de lier votre punition à une de leurs actions effectuée plusieurs heures auparavant. Au mieux ils se diront “quand il y a un pipi par terre, il.elle n’est pas content.e”, mais ils ne sont pas à même de réaliser que la « cause » de ce pipi, c’est eux. De plus, si vous vous énervez à chaque fois que vous rentrez, votre chien associera votre retour à une punition, et pourra s’en trouver stressé.

Alors on prend son mal en patience, on reste calme, on isole son chien sans émotion le temps de nettoyer les dégâts (surtout pas à l’eau de javel !). Et dès qu’on le voit reproduire sa “bêtise” sous nos yeux, on agit rapidement (en détournant sur un jouet, en amenant dehors…)


Le 37ème rappel  – “Plus jamais je te détache “ !

Celle-ci aussi est dure à gérer, comme situation. Qui n’a jamais perdu ses nerfs après avoir rappelé 36 fois son chien sans succès ? Et quand enfin celui-ci revient, on le gronde, on le rattache et on se promet de ne plus le lâcher de sitôt.

Le problème ? C’est que votre chien associe ainsi rappel = rattacher + punition. Et la prochaine fois, il reviendra encore moins.

Alors on reste calme, on n’oublie pas de récompenser ++ chaque rappel durant l’apprentissage, on ne rappelle pas QUE pour rattacher ou QUE à la fin de la balade, on se met en réussite en rappelant lorsqu’on sent son chien disponible, et on sécurise l’environnement au début (en utilisant une longe de 10 mètres par exemple).


Le punir d’avoir peur – “ Mais, arrête !”

Encore une erreur qu’on voit souvent, lorsqu’un chien se met par exemple à aboyer sur un objet, un autre chien, un humain. Réaction assez naturelle de la part de beaucoup de gardien.ne.s : “rooh, mais tu arrêtes oui ?”.

Apprenez à analyser la posture de votre chien, son langage : queue basse, oreilles basses, têtes basse, crête… Votre chien a peur de ce qu’il voit en face de lui. Imaginez vous maintenant à sa place, face à quelque chose qui vous terrifie. Et dans cette situation, votre seul allié se met à vous crier dessus, et à vous gronder. On ne puni pas une peur, on ne crie pas sur un animal en état de stress, même si l’objet de peur est pour vous invraisemblable, prenez le temps, soit de le détourner avec une friandise et en vous éloignant de ce que votre chien craint, soit de le rassurer d’une voix douce en lui montrant calmement qu’il n’a pas de raisons d’avoir peur.
Puis prenez le temps qu’il faudra pour qu’il se calme et puisse s’approcher de l’objet de peur sans stress.


Bonus : refuser de se faire aider par un.e professionel.le dans l’éducation de son chien. N’attendez pas de « péter les plombs » pour vous faire aider. Parfois, quelques astuces simples pourrons changer votre quotidien… Voir la page Education et comportement canin.

J’aurais pu encore citer de nombreux exemples, mais ne vous en faites pas. Il est normal de faire des erreurs et personne n’est parfait ! Même aujourd’hui en tant que professionnelle, il m’arrive de mal réagir, de laisser mes émotions prendre le dessus… Heureusement, la plupart de nos chiens ne sont pas rancuniers ! 😉

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